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La majorité municipale garde l'investissement comme priorité en 2012, mais n'exclut pas de faire des choix en cours d'année, si des financements manquaient.
La crise internationale s'est invitée au débat d'orientation budgétaire de la ville de Mont-de-Marsan hier soir. Les incertitudes qu'elle implique contraignent la municipalité à « agir en responsabilité » comme l'a souligné en préambule Geneviève Darrieussecq. « Comment évolueront les dotations de l'État ? Comment s'engageront les autres collectivités ? Nous ne disposons pas de visibilité à court et moyen terme », prévient Jean-Pierre Pinto, adjoint aux finances. Il précise que « la priorité n° 1 sera l'investissement, ce qui nécessitera de poursuivre une gestion rigoureuse de nos dépenses de fonctionnement. »

Les grands chantiers de projet de ville seront poursuivis au niveau des berges avec l'aménagement de la cale de l'abreuvoir. En centre-ville, requalification de l'espace public, propreté urbaine, habitat, voie de circulation, transports en commun sont toujours les chantiers prioritaires. La rénovation de la voirie sur le boulevard de la République, les boulevards d'Haussez et du Harbaux, les avenues Vives Labarde et Vincent Auriol, les avenues de la Gascogne et Albert-Camus est inscrite au programme 2012. S'agissant du renouvellement urbain, le gros projet s'articule autour du futur écoquartier du Peyrouat, dont le pôle éducatif ouvrira en début d'année. La reconstruction du groupe scolaire Saint-Médard sera lancée l'été prochain.

Pas de hausse des taux
Geneviève Darrieussecq insiste sur cette prudence : « Nous avons des incertitudes sur nos ressources, la seule certitude vient de nos ressources fiscales, et l'on a décidé, conformément à nos engagements respectés depuis 2008, de ne pas augmenter les taux d'imposition cette année encore. Compte tenu de la crise, il faudra que toutes les collectivités participent à l'effort de guerre. Notre budget est construit sur la continuité des politiques menées, mais nous serons peut-être contraints à faire des choix prioritaires au cours de l'année selon les ressources dont nous disposerons. » Le maire préconise aussi de « responsabiliser le monde associatif, et plus globalement tout ce qui dépend de nos dépenses de fonctionnement. »

Pour l'opposition, Alain Baché s'interroge : « Vous ouvrez les vannes, alors que les robinets sont fermés ! On augmente la dette, mais les ressources sont saturées. À un moment donné, ce ne sera plus possible. Et il ne faut pas attendre de miracles du Conseil général et du Conseil régional. Aujourd'hui, le grand gagnant de la crise, c'est le milieu financier ! » L'encours de la dette s'élève à 40,5 millions d'euros en 2011 (+5 millions par rapport à 2010), car elle anticipe d'éventuelles absences (retards ou augmentations) de crédit au premier semestre 2012. « On a contracté l'emprunt pour la totalité des sommes engagées », signale Jean-Pierre Pinto. Les taux fixes d'emprunt seront, en grosse majorité, inférieurs à 4 %.

À noter que Farid Heba a été élu nouveau septième adjoint au maire, succédant à Edmond Hanna, démissionnaire. Seul candidat, il a été élu avec 27 voix, contre 8 abstentions.

Madeleine : les peñas s'invitent au cartel
Les associations d'aficionados montois commentent les prix de la feria, le choix de procéder à un appel d'offres et la façon dont la commission taurine prend les décisions.

Quand on parle feria et toros dans cette ville, l'intérêt et les commentaires des aficionados ne sont pas longs à jaillir, tels des piques, voire des coups d'épée plus ou moins bien ajustés. Sur le prix des spectacles taurins, c'est la peña A los toros qui pique le plus fort, dans un courrier transmis à Mme le Maire pour faire un bilan de la feria 2011 : « Nous nous demandons où se situe l'intérêt pour notre ville de donner quelque 120 000 euros à un prestataire pour un tel résultat. Il suffirait de faire appel à un administratif, qui s'occuperait des formalités et de la paperasse pour un prix bien inférieur », écrivent ses socios. On ne saurait être plus clair.

Autre remarque, celle de Benoît Piarrine, de la peña Escalier 6, sur le remplacement de la corrida portugaise, qui faisait toujours le plein, par une corrida de rejon aux gradins à moitié vides. « La mairie a perdu de l'argent là alors que d'habitude c'était plutôt bénéficiaire. Ce choix est d'ailleurs le symbole du non-respect des goûts de l'aficion montoise, qui n'est pas très intéressée par la corrida à cheval ». Une remarque également faite par A los toros.

Au sujet de l'appel d'offres pour les trois prochaines années, lancé le 23 septembre et auquel les prestataires intéressés doivent répondre avant le 27 octobre à midi, là aussi les commentaires vont bon train. Pour Los Pechos, Mathieu Cazenave, reconnaissant « une décision positive, parce que l'on croyait que l'impresa actuelle aurait automatiquement une année de plus », demande si finalement ce n'est pas « un appel d'offres purement politique » et affirme que « l'on reste ainsi le cul entre deux chaises ».

Peñas pas consultées
Dans l'ensemble, les peñas ne sont d'ailleurs pas surprises d'avoir appris le lancement de cet appel d'offres par la presse, car aucune d'entre elles n'est consultée. Los Pechos « le regrette, parce que ce n'est pas ainsi que l'on peut restaurer ici une feria sérieuse, bien qu'il y ait encore des jeunes aficionados motivés. » Au Cercle taurin montois, le président Antonio Hidalgo, qui avait participé aux réunions en 2010, n'y est pas allé cette année. « Quel intérêt de nous faire venir pour donner une liste des meilleurs toreros et élevages de toros que nous préférons ? dit-il. Il n'y a qu'à prendre l'escalafon, on n'a pas besoin de nous. De toute façon cela n'est pas franc, parce qu'on ne nous révèle jamais le cachet des toreros et le prix des toros. La commission taurine comprend quatre personnes qui se réunissent entre elles. Et quand on nous donne les élevages choisis en même temps que la composition des cartels, on ne peut pas donner notre avis. »

Qui commande ?
À los toros a, de son côté, décidé de ne plus aller aux réunions après la première année de fonctionnement, « puisqu'on ne tient pas compte de notre avis, explique son président. Par contre, nous écrivons chaque année à Mme Darrieussecq pour lui donner notre bilan de la feria. Après la scandaleuse corrida de Miura de 2010, elle se disait décidée à refuser l'embarquement d'un lot du même genre si la situation se reproduisait. Les personnes qui ont assisté à l'embarquement du lot de La Quinta cette année sont-elles incompétentes, ou mues par d'autres intérêts que ceux de notre ville ? Qui commande ? » Globalement, A los toros se demande si « ce n'est pas un inconvénient d'avoir, dans l'organisation, une empresa qui gère deux grandes arènes (Valence et Nîmes) où les toros des mêmes élevages sont bien mieux présentés que chez nous. Les Montois doivent le savoir. » Et la peña conclut : « Fort heureusement pour Mont-de-Marsan, les avions de ''Parisiens'' chers à Monsieur Casas ne peuvent pas encore atterrir sur le tarmac de notre base aérienne… »

Escalier 6, qui « répond toujours présent quand on nous invite, mais cela n'a pas été le cas cette année, rapporte M. Piarrine, se veut constructive. L'appel d'offres écrit sans nous, ce n'est pas le signe d'une grande objectivité. Mais si on le mettait en pratique, ce serait bien. En voyant les toros choisis, nous nous posons la question de savoir qui décide. Et tant qu'il n'y a pas de vraie commission taurine, le flou persiste. La solution serait peut-être de travailler en partenariat, prestataire, peñas et aficionados reconnus. Il faut que l'aficion montoise s'engage. »

Le porte-parole de l'opposition réagit aux propos de Geneviève Darrieussecq.
Dans un ancien numéro de « M2M », le magazine municipal, l'opposition avait affublé Geneviève Darrieussecq du surnom de Calimero, anti-héros espagnol toujours en train de se plaindre.

« Elle nous refait le coup », estime Renaud Lagrave, commentant la longue interview du maire et présidente de l'agglomération parue hier dans nos colonnes.

« À l'entendre, une fois encore, il y aurait Geneviève Darrieussecq et le reste du monde contre elle. Franchement, on a d'autres choses à penser qu'à l'embêter. On a l'impression qu'il n'y a qu'elle qui fait quelque chose à Mont-de-Marsan, il y a pourtant d'autres acteurs qui œuvrent. »

Pour illustrer son propos, Renaud Lagrave met en avant une structure qu'il connaît bien. « La Région est en train d'investir 20 millions d'euros dans le lycée Estève, c'est elle aussi qui gère les TER, des TER qui, sauf erreur, s'arrêtent à Mont-de-Marsan. Elle oublie toujours d'en parler. »

Le porte-parole de l'opposition municipale rebondit évidemment aussi sur le sujet chaud du moment, les transports urbains et le choix de Veolia comme gestionnaire à travers une délégation de services publics (DSP).

Ironie et agacement
« Elle dit qu'elle agit dans l'intérêt des Montois. Heureusement encore. Je rappelle que la nécessité d'un nouveau plan de déplacement avait été unanimement reconnue. Tout le monde est d'accord pour rendre un meilleur service aux usagers. Le débat ne porte pas là-dessus mais sur le choix d'une DSP sans même avoir envisagé celui d'une société publique locale, option retenue par le Grand Dax et qui devrait l'être aussi par Biscarrosse. »

Le premier fédéral du PS landais fait dans l'ironie aussi. « Je suis content d'apprendre que pour la médiathèque et le complexe funéraire, tout se passe bien. Nous, contrairement à elle, on a toujours été pour. » Dans la même veine, il sourit de « l'évolution notable de son appréciation sur le Grand Moun ». « Aujourd'hui, c'est un magnifique projet ; il y a deux ans, il ne fallait pas le faire, pas comme ça, pas là… »

Renaud Lagrave s'agace de nouveau quand il est question du quartier nord. « C'est un peu cavalier de ne pas mettre les 150 logements déjà construits par l'Office public de l'habitat. Quant au camp du Rond, il faut savoir que l'OPH n'était pas l'opérateur choisi initialement et il n'est donc pas responsable du retard pris. »

L'école et le Loustau
Renaud Lagrave s'étonne également que n'aient pas été évoqués plusieurs dossiers qui lui tiennent à cœur. « Elle ne dit rien sur la rentrée scolaire que toutes les personnes concernées qualifient de catastrophique. Après trois classes fermées l'an dernier, en voici encore trois autres… et toujours aucune réaction. Une classe en moins au Peyrouat en pleine zone d'éducation prioritaire, ça n'a l'air d'émouvoir personne. Partout en France, des maires réagissent et résistent, ici non. Et je ne parle pas de la carte scolaire de la ville, qui date et dont nous demandons la révision depuis deux ans afin qu'elle tienne mieux compte de l'évolution de la population en fonction des secteurs géographiques. »

Autre omission regrettable selon l'opposant : le devenir du stade du Loustau. « On nous avait promis une étude avant l'été, on n'a encore rien vu. En fait, le sous-seing signé court encore pour quelques mois et le débat n'a toujours pas été mené. C'est pourtant un dossier majeur pour l'hôpital. Si on veut faire quelque chose, il faut le prévoir d'ores et déjà. Si la Ville rachète, il s'agirait tout compris d'un investissement de 2,5 millions d'euros. Une somme pareille doit être répartie sur plusieurs budgets. »

Renaud Lagrave termine son réquisitoire sur une note politique. Sur le mode de gouvernance : « Ils nous reprochaient le manque de dialogue et de discussions, c'est exactement ce qu'ils font. »

Sur le nom du futur candidat socialiste aux municipales de 2014 : « De la part de quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il va faire dans quelques mois aux législatives, faire des pronostics concernant notre camp, c'est bon ! »

Renaud Lagrave a interpellé Geneviève Darrieussecq sur ce dossier. Le maire a rejeté l'idée du conseiller de construire une cité judiciaire à Pémégnan.

Les élus en auront éclusé, des dossiers, mardi soir, cours d'un Conseil municipal fleuve qui s'est achevé aux alentours des 23 h 15 bien sonnées. Même ceux qui n'étaient pas inscrits à l'ordre du jour. Ainsi, du vieux serpent de mer de la construction du futur palais de justice, glissé l'air de rien, au détour du dossier de participation aux frais du déploiement d'une compagnie républicaine de sécurité (CRS), par l'un des chefs de file de l'opposition, Renaud Lagrave (PS).

« Fausse bonne idée »
Le conseiller s'est ému des conditions de logement qu'offrait actuellement le tribunal montois, et n'a pas caché son scepticisme quant au projet qui se dessine à l'horizon 2018, dont on ignore encore s'il ne s'agira que d'un TGI ou d'une cité judiciaire. « Au lieu de reconstruire un seul tribunal, pourquoi ne pas construire une cité judiciaire qui regrouperait toutes les juridictions, à Pémégnan, du côté de la prison ? » Cette formule aurait selon lui l'avantage de « créer du service et pourquoi pas des commerces » dans une zone où la municipalité souhaite créer un écoquartier. Geneviève Darrieussecq a beau vouloir tout entendre, alors qu'on frise les 23 heures, elle trouve qu'il s'agit-là « d'une fausse bonne idée », qui, si elle était défendue bec et ongles par l'opposition, risquerait d'envoyer le dossier directement « à la trappe. »

Le maire se base sur sa rencontre avec le garde des Sceaux, le 30 mars dernier. Ce jour-là, Geneviève Darrieussecq se rend dans la capitale pour évoquer spécialement le cas du palais de justice montois.

« Pour 20 ans »
« Or, j'ai réalisé que ce dossier était plus près de la poubelle que du haut de la pile, indique-t-elle. J'ai dit que ce n'était pas possible que tout cela aille à la poubelle, surtout après une annonce de Rachida Dati, une confirmation écrite, et une seconde annonce de Michèle Alliot-Marie. Je me plais à croire que cela a servi à quelque chose car depuis, des personnes prennent des mesures, et les locaux du tribunal ont été visités. Ma grande inquiétude, s'il y a la moindre anicroche sur le sujet, ou si on le modifie d'un iota, c'est qu'il passe à la trappe directement et on en prendra encore pour 20 ans. Je ne veux pas en porter la responsabilité. »

Sans compter que pour la première magistrate, un tribunal à côté d'un centre pénitentiaire n'est pas une association forcément très heureuse, car une « majorité de justiciables n'a rien à voir avec la prison ».

Le projet, tel que promis par la Chancellerie à l'horizon 2018 (« Sud Ouest » du 30 mai dernier) prévoit la construction du futur palais de justice sur un terrain acheté par la Chancellerie en 1990, sur l'avenue Rozanoff. Pour le moment, on ignore encore si le site n'accueillera que le seul tribunal de grande instance ou une véritable cité judiciaire, comprenant également un tribunal d'instance, un tribunal de commerce, et le Conseil de prud'hommes.

Les sept élus d'opposition n'ont pas voulu participer au vote de ce document qui arrête les zones du territoire. Une enquête d'utilité publique a lieu à l'automne.

A la suite d'un changement de matériel électronique, les auditeurs de Radio MDM n'ont pas pu entendre les débats lors du Conseil municipal qui se tenait hier soir dans la salle récemment aménagée. Il paraît que c'est dû à un problème de câbles qu'il faudra prochainement changer. Un qui a peut-être lui aussi un problème de câble, c'est le conseiller municipal Alain Baché (PC), qui lors de son intervention a posé force questions sur le pourquoi du comment des modifications prévues dans le PLU (Plan local d'urbanisme). Sur ces thèmes, le premier adjoint Hervé Bayard a soutenu que la réponse avait été donnée en commission.

Pour un projet de ville de 36 000 habitants, l'élu communiste trouve que ce PLU manque de projets de logement, et comme le document envisage de diminuer les zones à urbaniser, M. Baché trouve que « la Ville ne propose aucune politique volontariste d'acquisitions foncières, lesquelles permettraient de lutter contre la spéculation sur le foncier, puisque c'est aujourd'hui le prix du terrain qui est le premier frein à la construction des particuliers ». Il demande aussi ce que va devenir le terrain qui abritait l'ancienne décharge publique de Pémégnan, dont le coût de réhabilitation est très élevé, quel développement est prévu pour l'hôpital, comment on prend en compte les établissements industriels classés, comme la Montoise du bois ou le dépôt de carburants. Il s'élève enfin contre la décision de ne plus compter en espace boisé classé la totalité du parc de Nahuques, qui serait amputé des deux tiers.

Renforcer la mixité sociale
Premier adjoint chargé de l'urbanisme, Hervé Bayard s'étonna : « À vous entendre, on a l'impression que vous n'êtes pas membre de la commission d'urbanisme, où avec M. Carrère vous avez tous les documents et tous les éléments de réponse à ces questions. » Et l'élu UMP d'affirmer que ce projet « veut redensifier l'habitat, qui s'impose à nous parce que ces 30 dernières années, on a consommé trop de foncier, qu'il renforce la mixité sociale, puisque tout programme de plus de 20 logements devra prévoir 20 ou 30 % de logements sociaux, qu'il prévoit la réhabilitation des logements vacants du centre-ville, en partie conventionnés. L'ancienne décharge de Pémégnan sera mise en espace boisé classé. »

Sur le parc de Nahuques, M. Bayard indique que le déclassement était nécessaire pour rendre cette zone évolutive, sinon nous ne pourrions plus y faire d'aménagements publics, comme des bâtiments pour les animaux du parc zoologique, une piste de sécurité routière ou des bassins pluviaux, ajoute Thierry Socodiabéhère. « Il faut faire évoluer cet espace sans qu'il perde sa spécificité, et de toute façon, une étude environnementale, qui va jusqu'à mesurer la migration des oiseaux et des insectes, prend tout cela en compte. » Et pour rassurer Abdallah El Bakkali, qui s'inquiète de savoir si l'on pourra faire ce que l'on voudra une fois que ce sera déclassé, Hervé Bayard affirme que ce n'est « qu'une régularisation, qui fera l'objet d'une procédure, le projet étant ensuite soumis à une enquête publique cet automne. »

L'opposition n'a pas participé au vote, ce qui fait que ce PLU a été approuvé à l'unanimité des votants.

En préambule, les élus d'opposition avaient affirmé n'avoir trouvé dans leur boîte aux lettres le CD qui présentait ce PLU seulement la veille au soir, voire le matin même. Geneviève Darrieussecq, pour que sa bonne foi ne soit pas mise en cause, répondit que « le cachet de la Poste portait la date du 22 juin. Nous l'avons envoyé dans les temps, mais après, je ne gère pas la Poste. »

L'opposition, bien dans son rôle, a largement critiqué l'action de la majorité.

120 personnes sont venues écouter les conseillers municipaux d'opposition dire tout le mal qu'ils pensent des trois années de mandat de Geneviève Darrieussecq.

Le déroulement est désormais bien rodé. Renaud Lagrave contextualise et ses petits camarades prennent le relais chacun dans un domaine. Parmi eux, seule manque à l'appel Ségolène Dauga, occupée par des examens.

Le premier fédéral du PS livre une analyse classique de la situation. « La Ville vit à crédit. Ses investissements sont trop importants par rapport à ses moyens. En trois ans, l'endettement a augmenté de 5 millions d'euros passant de 30 à 35 millions. » Une nouvelle fois, il déplore que la majorité n'ait pas livré à l'opposition un échéancier des investissements programmés.

Le porte-parole de l'opposition en profite pour se moquer. « Mont-de-Marsan est mal-aimée des Landes, de l'Aquitaine et probablement de France. »

Un couplet sur l'Agglo

Un couplet sur l'Agglo « qui sert de banque à la ville » lui permet de dire un mot sur le contrat d'agglomération en préparation avec le Conseil régional. « Il ne faut pas dire que la Région ne va pas assez vite. Aucun vote sur ce contrat n'a eu lieu en Conseil municipal, ni en conseil communautaire. On ne vient pas réclamer des millions d'euros sans rien dans les dossiers. »

Vont ensuite, et successivement, prendre la parole Alain Baché, Michèle Péguy, Jean-Michel Carrère, Abdallah El Bakkali, Sophie Avant et Rose Lucy.

Ils pointeront les « 26 jours annuels d'absence en moyenne » chez les employés municipaux traduisant une ambiance au boulot loin d'être terrible (Baché), « le bling bling et le paraître plutôt que les avancées véritables » (le même), l'augmentation du tarif de cantine (Péguy), la « gestion fantaisiste » des fêtes de la Madeleine (Carrère), les travaux « partout à la fois et de façon pas très cohérente » (le même)…

Le stade du Loustau est aussi bien sûr très largement abordé. Pour Abdallah El Bakkali, « il n'y a pas besoin de se payer une étude pour connaître les besoins de l'hôpital. » Pour lui, « c'est assez simple de régler la question, il manque juste une volonté politique ».

Le chef de file de l'opposition municipale manie critique et ironie pour évoquer les trois ans de mandat du maire.

La semaine passée, nous dressions avec Geneviève Darrieussecq le bilan de ses trois ans de mandat et évoquions l'actualité du moment. Aujourd'hui, Renaud Lagrave, porte-parole de l'opposition, se prête au même exercice. Avec une analyse quelque peu différente.

Les cantonales

« Je n'ai pas l'habitude de confondre les élections. Même si le contexte national a joué en faveur de la gauche, nous avions aussi deux très bons candidats. Si leur score a été aussi élevé, c'est parce que beaucoup de Montois ont estimé que la politique menée localement est identique à celle du gouvernement. Et ils ont eu raison. Nous disons la même chose depuis quelque temps déjà. »

La posture de l'opposition

« Le maire dit que nous ne sommes pas contre les dossiers. Mais comment pourrait-on être contre l'Anru, le crématorium, le street-park, la restructuration du groupe scolaire Saint-Médard, le Plan local d'urbanisme ou la géothermie ? Tous ces projets étaient déjà portés par l'ancienne équipe municipale. On ne va pas changer d'avis parce qu'on est dans l'opposition. Le seul dossier innovant, c'est la rénovation des berges. Au fond, ce n'est pas un problème de dossier, c'est une question de priorités. Et, c'est une évidence, nous n'avons pas les mêmes. »

Quelles priorités ?

« Pour nous, c'est l'éducation et l'hôpital. On a demandé que les fournitures scolaires soient gratuites et que la ville préempte le stade du Loustau et en fasse l'acquisition pour le mettre à la disposition de l'hôpital Layné. Il est quand même difficile d'aller contre une décision prise il y a une vingtaine d'années. Si l'hôpital est resté où il est et n'a pas été transféré à l'extérieur de la ville, c'est justement parce qu'il y avait à proximité cette réserve foncière. »

Le budget

« On vit au-dessus de nos moyens et pour pouvoir fonctionner, on brade les biens immobiliers alors qu'au contraire, on devrait faire des acquisitions foncières. Ainsi, la ville aurait pu acheter la prison. Le rythme des investissements creuse la dette. Sur trois ans, nous sommes à 5 millions d'endettement supplémentaire.

À ce rythme, après 2014, il y aura une dette abyssale. Nous avons demandé, sans l'obtenir, un tableau des échéances financières et des investissements sur plusieurs années. »

Impôts : faut-il augmenter ?

« Il faut avant tout une réforme de la fiscalité locale qui est injuste et difficilement compréhensible. Ensuite, je considère qu'il faut toujours augmenter un peu les impôts, même de 0,1 %. Sinon, on est tenté de considérer que les services publics sont gratuits, ce qui n'est pas le cas. Une hausse des impôts doit servir à ça, conserver les services publics. »

Mt-de-Marsan mal-aimée?

« Le maire joue trop souvent les Calimero. La Ville ne pourrait pas compter sur le soutien du Département et de la Région ? Mais qu'on nous donne des exemples. L'Anru, le crématorium, la géothermie, la médiathèque, le pôle petite enfance, on y est. Le stade Guy-Boniface, on y était. Les berges, on va y être. J'en ai assez d'entendre ça. Maintenant, il faut comprendre aussi que le Conseil général et le Conseil régional, ça n'est pas open bar. »

Quid du contrat d'agglo…

« C'est le cas typique de récriminations non justifiées. La Région n'a rien contre Mont-de-Marsan. Un contrat d'agglomération, ça se prépare. Mme Darrieussecq sait très bien comment ça marche. Il a fallu 13 mois pour s'accorder sur le contrat d'agglomération d'Agen, le nôtre a été déposé seulement en septembre et encore c'était un tableau Excel avec seulement des coûts et plein de choses dedans y compris totalement hors des compétences de la Région. Désormais, l'analyse technique des dossiers avance normalement mais je ferai remarquer qu'ils n'ont jamais été discutés ni en conseil municipal, ni en conseil communautaire. »

… et du très haut débit

« Le schéma départemental est en phase de bouclage. Je suis surpris que Mme Darrieussecq l'ignore. C'est la même chose pour le tourisme. Il existe un schéma départemental de développement. »

La multiplication des travaux

« Ce ne sont pas les travaux eux-mêmes que nous remettons en cause mais la méthode et la gouvernance. Pour Manot-gare, boulevard d'Haussez ou Barbe-d'or, il y a des pétitions qui circulent. La place Pitrac refaite, c'est joli mais ils n'ont pas pensé aux personnes handicapées. C'est toujours pareil, d'abord on fait un choix, ensuite on concerte. C'est comme ça qu'il a été procédé pour l'école du Manot ou pour les clubs du troisième âge. »

Le pire et le meilleur ?

« La pire décision de ces trois années de mandat est sans conteste pour moi la fermeture de l'école du Manot. On ferme des écoles et à la place, on fait des crèches payantes. La meilleure concerne la médiathèque. C'est bien d'avoir respecté le choix de la précédente municipalité et celui des Montois de la bâtir là où elle est. »

L'opposition municipale organise une réunion publique mercredi 11 mai à 19 heures au château de Nahuques.

Le groupe de l'opposition montoise "Ensemble Pour Mont de Marsan" tiendra deux réunions publiques:

MARDI 3 MAI à 19h à la salle Georges Brassens
Chateau de Nahuques

MERCREDI 11 MAI à 19h au Chateau de Nahuques

Ces réunions seront l'occasion de faire un compte rendu de mandat des 8 élus, et pour celles et ceux qui le souhaitent de nous poser des questions.
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L'opposition a voté contre le budget, parce que la Ville ne veut pas l'acheter.

Renaud Lagrave a proposé de repousser certains projets pour racheter l'ancien stade-vélodrome du Loustau. Le maire refusant, les élus d'opposition ont voté contre le budget. photo archvives N. le lièvre

Les élus montois ont décidé hier soir, comme les deux années précédentes, de ne pas changer les taux d'imposition, comme ils l'avaient exposé lors du débat d'orientation budgétaire. Les trois taxes (habitation, foncier bâti, foncier non bâti) sont restées inchangées, respectivement à 18,89 %, 18,71 % et 32,48 %. Ce qui, puisque les bases, transmises par l'État seulement le 28 mars dernier, ont progressé de 2 %, apportera une progression d'à peine 55 000 euros du produit fiscal. « Les calculs de l'État portaient sur une inflation d'à peine 1,2 %, expliqua Jean-Pierre Pinto, maire-adjoint chargé des finances, alors qu'actuellement on en est à 2,3 -2,4 %. Ce qui fait que la ville y perdra. »

L'opposition ne s'est pas rendue à ces arguments, puisqu'au moment du vote elle s'est abstenue. « Cette année comme sur les deux derniers exercices, s'en est expliqué Alain Baché (PC), nous vous avions proposé une étude pour rééquilibrer ces taux, entre celui sur la taxe d'habitation et le foncier non bâti. Vous ne l'avez toujours pas intégrée dans vos réflexions, alors que, pour nous, elle correspond à une meilleure justice fiscale, c'est pourquoi nous nous abstenons. »

Pour l'accession au logement
La maire Geneviève Darrieussecq répondit posément que « cette proposition n'avait pas été retenue, d'abord parce que pour les personnes en difficulté il y a des dégrèvements qui sont prévus, mais aussi parce ce rééquilibrage pénaliserait trop les propriétaires de petites maisons, comme les Castors, acquises par de nombreuses personnes aux revenus moyens. Comme nous encourageons l'accession à la propriété, nous avons préféré faire un autre choix. »

Par contre, le ton de Mme le maire ne fut plus du tout le même lorsque, après exposé des principaux chapitres du budget primitif principal par M. Pinto (lire ci-dessous), Alain Baché évoqua la souffrance au travail due à la réorganisation des services, décidée après les indications de l'audit faite en début de mandat. « Plus de 26 jours d'absentéisme de moyenne dans les services municipaux, c'est très important, explique l'élu. Il y a un manque de personnel pour les bâtiments, les services des jardins où l'on a supprimé 14 emplois sur 80, alors que le travail reste le même. Est-ce que l'on va pouvoir continuer comme cela ? »

« C'est inadmissible de parler de souffrance au travail due à notre présence et à la réorganisation, fulmina-t-elle. C'est de la démagogie, du populisme, c'est une caricature que vous faites. Cette posture-là est minable, surtout que vous attribuez cela à un manque de compétence des cadres. Les arrêts maladie ne sont pas plus importants ici que dans d'autres collectivités. » Jean-Pierre Pinto précisa en outre que le nombre de jours d'arrêt, de 26 en 2010, était déjà de 25 entre 2005 et 2009.

« Les bijoux de famille »
Et puis, juste avant le vote de ce budget, dont l'opposition contesta les chiffres en affirmant qu'ils étaient différents de ceux qu'ils avaient reçus avant les débats, c'est le stade du Loustau qui réapparut. Jean-Michel Carrère avait d'abord regretté que la ville « vende les bijoux de famille, comme la bibliothèque qui est l'ancienne mairie, le rez-de-chaussée du Théâtre qui abritait les halles, et le Loustau. Ils font partie du patrimoine de la ville et devraient rester des bâtiments municipaux. Quand on cède au privé, on ne maîtrise plus », se justifia-t-il. Au moment du vote donc, Renaud Lagrave proposa « de surseoir à statuer sur un certain nombre d'investissements programmés par la ville, afin de pouvoir acheter le terrain du Loustau, dont l'hôpital doit absolument être propriétaire pour qu'il ne soit pas délocalisé plus tard. »

Mme le maire, rappelant qu'elle avait déjà plusieurs fois expliqué sa position sur le sujet, refusa d'en tenir compte. Le budget a donc été adopté par 27 voix pour et 8 contre.

Bonjour, utilisateur du réseau des transports urbains, je vous fais part de mes réactions .

329000 voyageurs en 2010, curieux, en 2001, quand la ville a transféré la compétence transports à la CAM il y avait 354441 voyageurs . Depuis, de nouvelles lignes ont été créées et la fréquentation aurait baissé ? Faut-il avoir laissé se dégrader le réseau à ce point par manque d'intérêt, pas de promotion, pas d'entretien des arrêts (mise au norme de l'accèssibilité et nettoyage de la signalétique ) depuis cette date? Qui connait vraiment le réseau actuel, lignes fréquences, tarifs, un sondage serait intéressant?
Le nouveau projet semble privilégier les extérieurs à la ville, à partir de parkings relais périphériques et accès direct vers le centre . Croyez vous que sur des trajets courts en temps pour venir de la périphérie vers le centre, les automobilistes vont accepter d'abandonner le confort de leur voiture et attendre un bus, (dans quelles conditions) pour arriver quelques minutes après à un endroit (arrêt bus) qui ne sera pas exactement celui où ils vont et vont devoir marcher ?
Par contre pour les montois, plus de desserte de belle chaumière sud, du chemin de thore, de chourrié et de Sianes, de Dagas, de Lacrouts, du val d'Arguence et du Vignau, de l'hôpital Layné du stade ... sauf à devoir marcher et attendre .
Sur 5 lignes, deux ne passent plus en centre ville une troisième ne fait que le tangenter au niveau du Sablar . Certains usagers devront remonter jusqu'à la correspondance du BD Lacaze ou utiliser deux lignes... Par contre les voitures continueront à avoir accès au centre, contrairement à ce que font la plus part des villes ...
Le réseau actuel est fréquenté vraisemblablement à près de 50% par des scolaires, on parle de revoir le système de desserte des établissements, mais quand , si ce n'est pas dans le projet ? Sur MDM, des transports scolaires sont gratuits, ceux organisés par le Département ( Conseil Général ) pour les élèves éloignés de leur école, pour les autres ils utilisent les "TUM" payants ( le prix est modique avec les cartes "décade junior" . Ce n'est peut être pas aussi le bazar que semble le laisser croire Mme le Maire .
De même, de là à doubler la fréquentation, c'est très optimiste, dans une agglomération du type de MDM, on pourrait atteindre en s'en donnant les moyens 1,5 voyageurs/km actuellement un peu moins de 1 Voyageur par Km, 50% ce n'est pas 100% !
Dans la mesure où l'on a voudra sans doute maintenir un coût on limitera les augmentations de kilométrage parcourus, les avantages minimes attendus risque de ne pas être aussi significatifs que ceux annoncés . Etait-il important de faire part de ce projet déjà ficelé semble-t-il, la consultation pour l'exploitation du futur réseau serait en cours, avant le deuxième tour des cantonales ... ?
François A