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« Le dossier du tribunal était près de la poubelle »

Renaud Lagrave a interpellé Geneviève Darrieussecq sur ce dossier. Le maire a rejeté l'idée du conseiller de construire une cité judiciaire à Pémégnan.

Les élus en auront éclusé, des dossiers, mardi soir, cours d'un Conseil municipal fleuve qui s'est achevé aux alentours des 23 h 15 bien sonnées. Même ceux qui n'étaient pas inscrits à l'ordre du jour. Ainsi, du vieux serpent de mer de la construction du futur palais de justice, glissé l'air de rien, au détour du dossier de participation aux frais du déploiement d'une compagnie républicaine de sécurité (CRS), par l'un des chefs de file de l'opposition, Renaud Lagrave (PS).

« Fausse bonne idée »
Le conseiller s'est ému des conditions de logement qu'offrait actuellement le tribunal montois, et n'a pas caché son scepticisme quant au projet qui se dessine à l'horizon 2018, dont on ignore encore s'il ne s'agira que d'un TGI ou d'une cité judiciaire. « Au lieu de reconstruire un seul tribunal, pourquoi ne pas construire une cité judiciaire qui regrouperait toutes les juridictions, à Pémégnan, du côté de la prison ? » Cette formule aurait selon lui l'avantage de « créer du service et pourquoi pas des commerces » dans une zone où la municipalité souhaite créer un écoquartier. Geneviève Darrieussecq a beau vouloir tout entendre, alors qu'on frise les 23 heures, elle trouve qu'il s'agit-là « d'une fausse bonne idée », qui, si elle était défendue bec et ongles par l'opposition, risquerait d'envoyer le dossier directement « à la trappe. »

Le maire se base sur sa rencontre avec le garde des Sceaux, le 30 mars dernier. Ce jour-là, Geneviève Darrieussecq se rend dans la capitale pour évoquer spécialement le cas du palais de justice montois.

« Pour 20 ans »
« Or, j'ai réalisé que ce dossier était plus près de la poubelle que du haut de la pile, indique-t-elle. J'ai dit que ce n'était pas possible que tout cela aille à la poubelle, surtout après une annonce de Rachida Dati, une confirmation écrite, et une seconde annonce de Michèle Alliot-Marie. Je me plais à croire que cela a servi à quelque chose car depuis, des personnes prennent des mesures, et les locaux du tribunal ont été visités. Ma grande inquiétude, s'il y a la moindre anicroche sur le sujet, ou si on le modifie d'un iota, c'est qu'il passe à la trappe directement et on en prendra encore pour 20 ans. Je ne veux pas en porter la responsabilité. »

Sans compter que pour la première magistrate, un tribunal à côté d'un centre pénitentiaire n'est pas une association forcément très heureuse, car une « majorité de justiciables n'a rien à voir avec la prison ».

Le projet, tel que promis par la Chancellerie à l'horizon 2018 (« Sud Ouest » du 30 mai dernier) prévoit la construction du futur palais de justice sur un terrain acheté par la Chancellerie en 1990, sur l'avenue Rozanoff. Pour le moment, on ignore encore si le site n'accueillera que le seul tribunal de grande instance ou une véritable cité judiciaire, comprenant également un tribunal d'instance, un tribunal de commerce, et le Conseil de prud'hommes.