Budget 2011 : des choix inquiétants pour l’avenir
Voici la tribune libre envoyée le 3 Mai pour publication dans le journal municipal.
Le budget annuel de la ville affiche les choix politiques et détermine les décisions qui seront mises en œuvre. Le vote de ce budget permet de le rendre efficient. Ceci doit pouvoir être fait clairement. Or, la majorité municipale de droite tente de masquer quelques réalités.
Nous pensons nécessaire de ne pas tout mélanger : il y a d’un côté le budget de la ville et de l’autre les budgets annexes que sont notamment les régies.
Les recettes de ces budgets annexes sont basées sur la somme des factures que les montois acquittent pour des services en plus de leurs impôts locaux. Elles permettent ainsi leur fonctionnement et leurs investissements propres. En fait, cette répartition habile des prélèvements permet à la majorité municipale d’annoncer fièrement l’absence de hausse des impôts locaux. Mais ne nous y trompons pas, le prix à payer pour l’usager est finalement de plus en plus élevé. D’autre part, nous sommes inquiets des conséquences de la politique nationale sur la gestion de la ville. Qu’il s’agisse du gel des dotations de l’Etat ou de la suppression de la taxe professionnelle, l’enveloppe des recettes du budget diminue. N’oublions pas non plus les conséquences de la réforme territoriale qui ne manquera pas d’avoir d’importantes répercussions sur la ville.
Si bien sûr toutes les collectivités sont confrontées aux conséquences de ces décisions, nul ne peut feindre de les ignorer. Vouloir persister dans cette direction, c’est sans aucun doute aller vers une situation financière délicate à brève échéance.
Il ne s’agit pas pour nous de contester toutes les actions, dont une grande partie était déjà lancée, mais d’attirer l’attention sur ce qui nous paraît être un manque de garantie pour l’avenir.
Cette année encore il sera fait appel à l’emprunt. Le niveau de l’endettement ne fait qu’augmenter pour atteindre aujourd’hui plus de 35 millions d’euros. Le Marsan Agglomération versera sa nouvelle dotation aux communes, ce qui permettra de boucler le budget. Le département et la région participeront également aux financements des investissements. Mais tout cela n’y suffira pas.
Oui, la situation est préoccupante. Car à trop vouloir dépenser sans se préoccuper des recettes actuelles, on grève les capacités d’investissement futures de notre ville et on laisse une dette croissante à nos enfants.
Il s’agit pour nous, non pas de nier les besoins d’investissements mais bien de mettre l’accent sur ce que nous considérons comme une présentation en trompe l’œil de la situation et surtout de faire comprendre que des choix sont maintenant nécessaires en définissant des priorités.
D’ailleurs, certains faits sont autant de signes révélant des difficultés, qui pourraient s’amplifier : la fermeture d’une école, l’appel à des interventions privées, la diminution du nombre de personnels affectés au service Espaces Verts, qui fait craindre là aussi l’intervention du privé, le retard pour le remplacement du matériel usé…
A trop vouloir enjoliver la situation et toujours rendre responsables « les autres », selon les dires de Madame la Maire et de ses principaux adjoints entendus lors de la campagne des cantonales, il ne faut pas oublier ses propres responsabilités et ses propres choix.
C’est ce que nous avons dit lors de l’examen du budget, et c’est forts de tous ces éléments auxquels sont venus s’ajouter la vente d’une partie du patrimoine montois, que nous avons voté contre le budget.
