Madeleine : les peñas s'invitent au cartel
Les associations d'aficionados montois commentent les prix de la feria, le choix de procéder à un appel d'offres et la façon dont la commission taurine prend les décisions.

Quand on parle feria et toros dans cette ville, l'intérêt et les commentaires des aficionados ne sont pas longs à jaillir, tels des piques, voire des coups d'épée plus ou moins bien ajustés. Sur le prix des spectacles taurins, c'est la peña A los toros qui pique le plus fort, dans un courrier transmis à Mme le Maire pour faire un bilan de la feria 2011 : « Nous nous demandons où se situe l'intérêt pour notre ville de donner quelque 120 000 euros à un prestataire pour un tel résultat. Il suffirait de faire appel à un administratif, qui s'occuperait des formalités et de la paperasse pour un prix bien inférieur », écrivent ses socios. On ne saurait être plus clair.

Autre remarque, celle de Benoît Piarrine, de la peña Escalier 6, sur le remplacement de la corrida portugaise, qui faisait toujours le plein, par une corrida de rejon aux gradins à moitié vides. « La mairie a perdu de l'argent là alors que d'habitude c'était plutôt bénéficiaire. Ce choix est d'ailleurs le symbole du non-respect des goûts de l'aficion montoise, qui n'est pas très intéressée par la corrida à cheval ». Une remarque également faite par A los toros.

Au sujet de l'appel d'offres pour les trois prochaines années, lancé le 23 septembre et auquel les prestataires intéressés doivent répondre avant le 27 octobre à midi, là aussi les commentaires vont bon train. Pour Los Pechos, Mathieu Cazenave, reconnaissant « une décision positive, parce que l'on croyait que l'impresa actuelle aurait automatiquement une année de plus », demande si finalement ce n'est pas « un appel d'offres purement politique » et affirme que « l'on reste ainsi le cul entre deux chaises ».

Peñas pas consultées
Dans l'ensemble, les peñas ne sont d'ailleurs pas surprises d'avoir appris le lancement de cet appel d'offres par la presse, car aucune d'entre elles n'est consultée. Los Pechos « le regrette, parce que ce n'est pas ainsi que l'on peut restaurer ici une feria sérieuse, bien qu'il y ait encore des jeunes aficionados motivés. » Au Cercle taurin montois, le président Antonio Hidalgo, qui avait participé aux réunions en 2010, n'y est pas allé cette année. « Quel intérêt de nous faire venir pour donner une liste des meilleurs toreros et élevages de toros que nous préférons ? dit-il. Il n'y a qu'à prendre l'escalafon, on n'a pas besoin de nous. De toute façon cela n'est pas franc, parce qu'on ne nous révèle jamais le cachet des toreros et le prix des toros. La commission taurine comprend quatre personnes qui se réunissent entre elles. Et quand on nous donne les élevages choisis en même temps que la composition des cartels, on ne peut pas donner notre avis. »

Qui commande ?
À los toros a, de son côté, décidé de ne plus aller aux réunions après la première année de fonctionnement, « puisqu'on ne tient pas compte de notre avis, explique son président. Par contre, nous écrivons chaque année à Mme Darrieussecq pour lui donner notre bilan de la feria. Après la scandaleuse corrida de Miura de 2010, elle se disait décidée à refuser l'embarquement d'un lot du même genre si la situation se reproduisait. Les personnes qui ont assisté à l'embarquement du lot de La Quinta cette année sont-elles incompétentes, ou mues par d'autres intérêts que ceux de notre ville ? Qui commande ? » Globalement, A los toros se demande si « ce n'est pas un inconvénient d'avoir, dans l'organisation, une empresa qui gère deux grandes arènes (Valence et Nîmes) où les toros des mêmes élevages sont bien mieux présentés que chez nous. Les Montois doivent le savoir. » Et la peña conclut : « Fort heureusement pour Mont-de-Marsan, les avions de ''Parisiens'' chers à Monsieur Casas ne peuvent pas encore atterrir sur le tarmac de notre base aérienne… »

Escalier 6, qui « répond toujours présent quand on nous invite, mais cela n'a pas été le cas cette année, rapporte M. Piarrine, se veut constructive. L'appel d'offres écrit sans nous, ce n'est pas le signe d'une grande objectivité. Mais si on le mettait en pratique, ce serait bien. En voyant les toros choisis, nous nous posons la question de savoir qui décide. Et tant qu'il n'y a pas de vraie commission taurine, le flou persiste. La solution serait peut-être de travailler en partenariat, prestataire, peñas et aficionados reconnus. Il faut que l'aficion montoise s'engage. »

Le porte-parole de l'opposition réagit aux propos de Geneviève Darrieussecq.
Dans un ancien numéro de « M2M », le magazine municipal, l'opposition avait affublé Geneviève Darrieussecq du surnom de Calimero, anti-héros espagnol toujours en train de se plaindre.

« Elle nous refait le coup », estime Renaud Lagrave, commentant la longue interview du maire et présidente de l'agglomération parue hier dans nos colonnes.

« À l'entendre, une fois encore, il y aurait Geneviève Darrieussecq et le reste du monde contre elle. Franchement, on a d'autres choses à penser qu'à l'embêter. On a l'impression qu'il n'y a qu'elle qui fait quelque chose à Mont-de-Marsan, il y a pourtant d'autres acteurs qui œuvrent. »

Pour illustrer son propos, Renaud Lagrave met en avant une structure qu'il connaît bien. « La Région est en train d'investir 20 millions d'euros dans le lycée Estève, c'est elle aussi qui gère les TER, des TER qui, sauf erreur, s'arrêtent à Mont-de-Marsan. Elle oublie toujours d'en parler. »

Le porte-parole de l'opposition municipale rebondit évidemment aussi sur le sujet chaud du moment, les transports urbains et le choix de Veolia comme gestionnaire à travers une délégation de services publics (DSP).

Ironie et agacement
« Elle dit qu'elle agit dans l'intérêt des Montois. Heureusement encore. Je rappelle que la nécessité d'un nouveau plan de déplacement avait été unanimement reconnue. Tout le monde est d'accord pour rendre un meilleur service aux usagers. Le débat ne porte pas là-dessus mais sur le choix d'une DSP sans même avoir envisagé celui d'une société publique locale, option retenue par le Grand Dax et qui devrait l'être aussi par Biscarrosse. »

Le premier fédéral du PS landais fait dans l'ironie aussi. « Je suis content d'apprendre que pour la médiathèque et le complexe funéraire, tout se passe bien. Nous, contrairement à elle, on a toujours été pour. » Dans la même veine, il sourit de « l'évolution notable de son appréciation sur le Grand Moun ». « Aujourd'hui, c'est un magnifique projet ; il y a deux ans, il ne fallait pas le faire, pas comme ça, pas là… »

Renaud Lagrave s'agace de nouveau quand il est question du quartier nord. « C'est un peu cavalier de ne pas mettre les 150 logements déjà construits par l'Office public de l'habitat. Quant au camp du Rond, il faut savoir que l'OPH n'était pas l'opérateur choisi initialement et il n'est donc pas responsable du retard pris. »

L'école et le Loustau
Renaud Lagrave s'étonne également que n'aient pas été évoqués plusieurs dossiers qui lui tiennent à cœur. « Elle ne dit rien sur la rentrée scolaire que toutes les personnes concernées qualifient de catastrophique. Après trois classes fermées l'an dernier, en voici encore trois autres… et toujours aucune réaction. Une classe en moins au Peyrouat en pleine zone d'éducation prioritaire, ça n'a l'air d'émouvoir personne. Partout en France, des maires réagissent et résistent, ici non. Et je ne parle pas de la carte scolaire de la ville, qui date et dont nous demandons la révision depuis deux ans afin qu'elle tienne mieux compte de l'évolution de la population en fonction des secteurs géographiques. »

Autre omission regrettable selon l'opposant : le devenir du stade du Loustau. « On nous avait promis une étude avant l'été, on n'a encore rien vu. En fait, le sous-seing signé court encore pour quelques mois et le débat n'a toujours pas été mené. C'est pourtant un dossier majeur pour l'hôpital. Si on veut faire quelque chose, il faut le prévoir d'ores et déjà. Si la Ville rachète, il s'agirait tout compris d'un investissement de 2,5 millions d'euros. Une somme pareille doit être répartie sur plusieurs budgets. »

Renaud Lagrave termine son réquisitoire sur une note politique. Sur le mode de gouvernance : « Ils nous reprochaient le manque de dialogue et de discussions, c'est exactement ce qu'ils font. »

Sur le nom du futur candidat socialiste aux municipales de 2014 : « De la part de quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il va faire dans quelques mois aux législatives, faire des pronostics concernant notre camp, c'est bon ! »

eZ Publish™ copyright © 1999-2012 eZ Systems AS Mentions lŽgales