Je dois tout d’abord signaler que l’opposition découvre le document qui vient d’être présenté par Mr Pinto, ce qui est quand même grave pour une majorité qui nous parle de démocratie, ce document ne nous a même pas été remis lors de la commission des finances, en réponse à certaines de nos questions. Au moment où notre pays traverse une grave crise économique, au moment où les investissements des collectivités représentent 70 % de l’investissement public, l’Etat et les collectivités locales devraient montrer l’exemple, à l’instar d’un certain nombre de plans de relance dans d’autres pays. Les exemples d’investissements ne manqueraient pas sur les infrastructures ferroviaires, les mises aux normes autoroutières, qui pourraient aller plus vite si l’Etat ne demandait pas aux collectivités des engagements démesurés.
Dans cette période pourtant vous nous proposez de voter un budget au rabais, de comptable, un budget sans avenir pour notre ville.
Vous utilisez par ailleurs les résultats des nombreux audits pour appliquer vos choix politiques : baisse du fonctionnement, baisse des investissements, baisse du nombre d’agents, augmentation de tous les tarifs de la ville et fermeture de services publics comme les clubs du 3ème âge, le restaurant municipal du Foyer des Jeunes Travailleurs, ou encore et plus grave une école.
Vos choix qui stigmatisent le service public et qui sont particulièrement malheureux quand vous rendez public l’audit sur le personnel, stigmatisant des services, jetant ainsi en pâture des agents des services à la vindicte populaire. Vous avez donc choisi d’appliquer la RGPP à la sauce montoise, nous voyons ce que cela donne au niveau national, les résultats au niveau de la ville ne se feront pas attendre. Alors nous y reviendrons dans le détail au cours de nos interventions, car il faut dire aux Montois ce qu’il se passe :
- On nous propose de voter une enveloppe de 1 450 000€ pour les associations sans connaître les attributions, c’est la première fois que cela arrive, nous n’avons pas d’informations sur le fléchage de cette somme
- On nous propose de voter une subvention au CCAS de 700 000€ en baisse de 300 000€ par rapport à 2007, alors que l’audit souligne qu’il faudrait plus, que nous aurons à aider plus de familles dans les mois qui viennent, et que vous avez décidé de fermer des clubs du 3ème âge qui pourraient pourtant être financés.
- On nous propose une baisse importante des crédits pour l’entretien des bâtiments communaux.
- Les dotations de l’Etat sont encore une fois en baisse, même l’association des maires de villes moyennes le souligne avec en plus un recul de la péréquation et encore des transferts non compensés comme pour le recensement ou les passeports biométriques.
- Une baisse de près de 35% de l’investissement dans ce budget.
- Un nouveau PLU à 100 000€ alors qu’il nous suffisait de boucler le travail déjà accompli.
- Plus que 5 000€ d’acquisitions foncières alors que 800 000€ y étaient consacrés en 2007.
- 0€ de travaux dans les cimetières montois.
- 500 000€ pour les travaux dans les écoles et toujours pas de grosse restructuration; pour mémoire les budgets précédents avoisinaient les 1,8 millions d’euro.
- 240 000€ pour la voirie, la signalisation et l’éclairage alors que cette enveloppe était du double auparavant.
- Aucune inscription budgétaire sur le crématorium.
- Aucun crédit sur la dynamisation et l’aménagement du centre ville, particulièrement sur les bâtiments vides: Lacataye, la prison ou bientôt le tribunal.
- Aucun crédit pour la mise aux normes des salles de sport.
- Pas de report des 500 000€ prélevés sur le budget de l’ANRU sur celui de cette année.
C’est donc un budget qui pour nous manque d’ambitions pour soutenir notre économie locale. Nous avons de notre côté d’autres ambitions pour notre ville, nous vous avions d’ailleurs fait des propositions lors du débat sur les orientations budgétaires que vous n’avez pas retenues, nous en prenons acte en votant contre ce budget.
Après une réponse de Mme le Maire et encore une diatribe contre les autres collectivités, dont l’agglomération, j’ai proposé la tenue d’un débat sur le contrat d’agglomération ainsi que sur le bilan des actions de la CAM à Mont de Marsan. On ne peut seulement demander de l’argent et réclamer des transferts, il ne peut y avoir uniquement des débats sur des dossiers et non sur des montants supposés appartenir à la ville. Nous verrons si ce débat sera organisé.
Par ailleurs au nom de l’opposition nous avons également demandé la tenue d’une commission générale sur le dossier de l’ANRU, ainsi que la tenue d’un CA du comité des fêtes pour arrêter les comptes 2008 des fêtes de la Madeleine, ce qui nous a entraînés à ne pas voter le budget de la régie des fêtes.
Enfin nous avons demandé à être destinataires des comptes-rendus des conseils de quartier, (l’opposition n’y siège pas, contrairement à Dax) ainsi que les détails des 300 000€ mis à disposition de ces conseils.
Concernant le document remis sur table pour la présentation du budget, la majorité municipale aurait pu nous le remettre plus tôt car celui-ci nous donne une réelle projection du budget pour 2009. C'est une remarque préalable que je souhaitais vous faire Madame le Maire.
La deuxième remarque s'adresse à Monsieur PINTO concernant les orientations budgétaires. Effectivement les banques américaines, d'où est partie la crise, étaient des banques qui avaient le monopole du crédit hypothécaire mais non pas contrairement à vos dires, le statut public puisqu'elles ont été privatisée il y a quelques années.
Une autre remarque, notre manque de proposition concernant le financement. Je me permets de vous rappeler qu'aujourd'hui en France des revenus échappent à la solidarité nationale, je parle des actifs financiers et des sommes considérables qui s'évaporent dans les paradis fiscaux. Ce sont là plusieurs milliards qui pourraient être utilisés et mobilisés au service des collectivités. Pour l'heure, le gouvernement s'est bien gardé de s'attaquer à ces privilèges et contrairement aux dires de ce même gouvernement, la crise ce n'est pas pour tout le monde puisque 2008 a été une année record pour les profits et le CAC40. Certains ont même touché un véritable jack pot et s'en vouloir m'étendre, ce sont 148.000 familles qui vont payées l'ISF, soit 20.000 de plus qu'en 2007.
Vous voyez bien les possibilités de financement existent, mais il y a un manque de volonté publique d'aller chercher cet argent.
Pour en venir directement à vos propositions de budget, on est très loin de ce que vous nous avez proposé. Plusieurs explications selon moi :
- les politiques de l'Etat qui présurent et pèsent sur les collectivités,
- la faiblesse qui se traduit par des stagnations et des diminutions des dotations de l'État.
Avec ces politiques, on ne peut pas répondre aux besoins, c'est une évidence d'où vos propositions. Et il faut bien noter que c'est bien 9 millions d'euros en moins par rapport à l'année précédente. Et donc une grande faiblesse de l'investissement, à l'évidence il y aura moins pour poursuivre l'entretien nécessaire des bâtiments communaux. Il n'y a aucun aménagement structurant significatif pour la ville de Mont-de-Marsan.
Les entreprises locales et l'emploi vont pâtir de ce recul programmé. Nous le savons les uns et les autres, bon nombre d'entreprises du bâtiment et du BTP sont confrontés à d'énormes difficultés.
Au regard de vos propositions, que va-t-on faire réellement pour tout ce qui attrait à l'environnement, tout ce qui attrait aux économies d'énergies et à l'exploitation des énergies propres et renouvelables ? Que va-t-on faire sur l'habitat ? Rien n'est proposé pour le développement du transport collectif et nous pourrons observer beaucoup de frilosité sur le développement et la modernisation des services publics.
Un mot également sur le personnel, Mont-de-Marsan n'a pas trop d'emploi puisque son ratio est égal à ce qui existe au plan national, avec néanmoins une particularité montoise, ces services publics. De plus pour ce personnel vous ne nous proposez rien sur le régime indemnitaire.
Quelques mots sur les audits puisque nous avons été interpellés sur ce qui a été rendu public. Annoncer la fermeture d'une école n'est pas un bon signe pour le développement de Mont-de-Marsan, à moins qu'il ne s'agisse d'une volonté de supprimer quelques groupes scolaires pour répondre à la politique gouvernementale préconisé par le Ministre DARCOS. Moins de postes d'enseignants, plus d'élèves dans les classes.
Autre chose concernant ces audits que nous pouvons également trouver, il est écrit que notre taxe d'habitation est légèrement inférieure à la moyenne des communes de la strate et en revanche nettement inférieure à la moyenne pour le financier bâti. Je vous rappelle que nous vous avions fait une proposition pour inverser cette tendance. De plus, et cela doit être signalé, les dépenses de fonctionnement de notre ville, toujours dans cet audit, sont inférieures de 20% aux villes comparées.
Vous nous avez fait part, Madame le Maire, de vos remarques concernant la Communauté d'Agglomération du Marsan et des problématiques de la TPU. Je vous rappelle que là aussi, je vous ai interpellé et que l'ensemble des collectivités peuvent être inquiètes sur l'éventuelle réforme de cette taxe qui aurait des conséquences dramatiques sur le financement des collectivités locales.
Et pour ce qui est de notre coopération intercommunale, plutôt que de rechercher l'opposition n'y aurait-il pas plutôt à pousser jusqu'au bout ces coopérations et ces mises en commun nécessaires.
Voilà les quelques remarques que je souhaitais vous faire".
Quatrième et peut-être dernier audit commandé par Madame le Maire à des cabinets privés. Il nous faut rappeler que c’est bien elle qui ironisait sur l’utilisation de cabinets privés par l’ancienne majorité (dexia filiale de la Caisse des Dépôts) alors que des organismes publics pouvaient réaliser des audits gratuitement.
Ainsi, notre ville « pauvre » vient de régler près de 100 000,00 euros partagés entre les deux audits du CCAS – 29 900,00 euros – et les deux audits de la Mairie. L’organisationnel nous a été présenté il y a deux jours.
On y apprend que sur 20 services municipaux que compte la ville de Mont de Marsan, 17 sont qualifiés de « Performants » à « Très dynamiques » ; 1 en en cours de restructuration – Service Communication – et 2 sont à revoir – Affaires générales et Sport -.
Ainsi, Madame le Maire sait désormais – mais avait elle besoin d’un audit à 70 000,00 euros pour cela – qu’elle peut s’appuyer sur des services municipaux fiables et performant dans leur grande majorité, même s’il on peut toujours perfectionner et faire évoluer l’héritage que l’on reçoit.
Le cabinet d’audit nous informe curieusement ne pas avoir audité le service de la Police Municipale car le Chef de ce service devait être remplacé et préconise dans le même temps plusieurs actions à mettre en place afin de rendre plus efficient l’administration de la commune ; fermer l’une des écoles de la ville, supprimer 30 agents de catégorie « C » et embaucher 4 agents de catégorie « A ».
Nous sommes particulièrement consternés de la non considération du cabinet d’Audit des spécificités d’une collectivité locale où il n’est pas question de gérer un budget afin de générer du profit, mais de s’assurer, par une gestion équilibrée, que chaque habitant puisse vivre sa ville dans les meilleures conditions possibles.
Mais, n’est ce pas là un exemple qui vient de haut pour cette majorité de droite.
Réaction parue dans Sud Ouest:
Seuls deux membres de l'opposition étaient présents mardi soir, Jean-Philippe Guérini (PS, ex-PRG) et Alain Baché (PC). Alain Baché a interpellé Geneviève Darrieussecq à l'issue de la présentation. « Cet audit ne tient pas compte de la spécificité des collectivités locales. Cet audit ne va pas au fon des choses. »
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Renaud Lagrave, le porte-parole, n'était donc pas présent mais il a pris connaissance du rapport. « Cela fait trois audits qu'on nous sert où on n'apprend pas grand-chose si ce n'est qu'ils viennent à point pour justifier la politique de la ville. » Une politique qui selon lui en rappelle une autre. « Le souhait de la nouvelle majorité de ne pas remplacer les départs en retraite, le gouvernement l'a eu avant elle. »
Alain Baché comme Renaud Lagrave trouvent par ailleurs aberrant la préconisation de fermer une école alors que la population augmente et que la ville se développe et va se développer encore.

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