Quand les principes s’imposent :
Singulièrement, la majorité municipale propose de donner le nom de Louis RENAULT- le constructeur automobile - à une rue de la ville ( délibération 40 du Conseil Municipal du 29 /06/2010 ) ; suite à l’ intervention de Rose LUCY - pour le groupe de l’ opposition - Madame DARRIEUSSECQ décide de retirer immédiatement cette proposition .
Nous vous communiquons le texte de notre intervention :
« Je souhaiterais intervenir avec une certaine gravité au sujet de la proposition de délibération 40 aux termes de laquelle votre majorité municipale propose le nom du constructeur automobile Louis RENAULT pour une rue de la ville.
Madame La Maire , vous êtes une femme politique et vos propositions ont toujours un sens très politique .
Vous le savez , le choix de Louis RENAULT est un choix polémique , ambiguë même …
Je lis le dictionnaire le petit ROBERT :« RENAULT Louis , industriel français ( 1877 -1944) après avoir construit sa première voiture , il fonda avec ses frères l’usine RENAULT à BILLANCOURT .Après la première guerre mondiale , au cours de laquelle l’usine RENAULT produisit un modèle de tank léger et des moteurs d’avion, elle prit progressivement la première place du marché de l’automobile. Les usines RENAULT ayant travaillé pour le compte de la WEHRMACHT lors de la deuxième guerre mondiale , Louis RENAULT fut inculpé et ses usines nationalisées devenant la régie RENAULT »
Personne aujourd’ hui , aucun historien , ne peut établir avec certitude - et je me garderai de le faire - si Louis RENAULT a été un collaborateur , s’ il a mis son industrie au service de l’ennemi ou s’ il a été injustement accusé dans un procès d’ épuration .
Quoiqu’ il en soit , un témoin de l’époque et pas n’ importe lequel puisqu’ il s’ agit du général de GAULLE , qui présidait alors le gouvernement provisoire de la République Française prononce la dissolution de la société RENAULT et sa nationalisation en relevant le motif de collaboration avec l’ennemi .
Plus tard , une tentative de réhabilitation adressée auprès du garde des sceaux Robert BADINTER resta lettre morte .
Je crois que le conseil municipal de Mont-de-Marsan n’a pas à faire œuvre d’ historien .
Aujourd’ hui le choix de Louis RENAULT est forcément trouble, il est empreint d’ ambiguïté.
A l’ instant de la délibération , nous ne pouvons pas dire que Louis RENAULT soit un exemple édifiant pour les jeunes montois.
Nous devons nous abstenir , c’est notre devoir d’ élus , laissons les historiens faire leur œuvre .
A moins … que se soit une volonté politique de votre part .
Je vous laisse juge .
Notons que même la ville de PARIS n’ a jamais donné le nom de Louis RENAULT – le constructeur automobile – à une rue de la capitale .
Seule une rue s’appelle « professeur Louis RENAULT , juriste et prix nobel »
Pour ma part , je vous propose les noms sans ambiguïté de Lucie AUBRAC ou de Germaine TILLON pour honorer les rues de notre ville » .

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